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02 mars 2007




J’ai rencontré Pétrin dans une foire sur un macadam de provence, il n’avait plus de piles. La jouissance c’était pas son truc et je me mordais les ongles. Il me parlait du contrôle étroit du commerce et du commerçant comme fontionnaire. Il avalait en même temps précautionneusement des addictifs caféine qu’il retirait d’un petit sachet. Il avait tout conditionné. Au bout d’une certaine frappe de temps je m’ennuyais je commençais à lui sortir mes carences, à commencer par la valise. Je lui expliquais que je fuyais Paris et que je puais du collant, mais qu’au fond je l’aimais cette puanteur. J’enlevais mes chaussures on sentait ensemble il me semblait cadavérique mais disposé au même semblant d’univers. Il sortait alors une bombe de son sac, une petite sacoche dégueulasse huileuse. Il s’appelait Gustave Pétrin, et c’était pas de la balle. Je ricanais grossièrement.

Quand je quittais Pétrin, j’avais soudain envie de le retrouver encore et encore. Je pouvais pas m’en passer de Pétrin. Mais on ne peut pas voler quelqu’un. J’étais une déviation et non une sanction. J’en sais rien. J’en savais rien des opérations de pliage et de rabattement qui constituaient le champ moderne.

J’en avais marre de tout ça.

Il m’expliquait alors que cette valise c’était peut-être juste ma salive.

... invidé par estragon à 23:08




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